Mardi 13 mars 2007

 

                         

 

<< Nous aimons les histoires. De celles qui nous endormaient dans l'enfance à celles qui nous éveilleront au monde adulte, l'âme se projette à travers celles-ci pour prendre conscience d'elle-même. C'est ainsi que nous tombons en amour avec une histoire comme avec une personne et que nos coups de foudre culturels peuvent être d'excellents repères pour découvrir qui nous sommes. >>

Jean-François Vézina, "Divinités d'aujourd'jui" ( ouvrage collectif, La Vouivre )

 

                         

 

 

par fox publié dans : Chris Carter
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Mardi 27 février 2007

                       
                                     Le dieu Pan ( Vincent Cassel) dans "Sa Majesté Minor"


"On peut interpréter les  dieux  comme des personnifications des forces psychiques et des énergies de la nature; ce sont des symboles, des images, des noms donnés aux manifestations archétypiques. Les archétypes sont, rappelons-le, les structures de base de la psyché et peut-être de l'univers. Dans notre psychisme, existent des centres, des noyaux d'énergie de charge très forte qui révèlent leur existence de différentes manières, entre autres, par des images ou des arrangements d'images. De même que chaque dieu a une histoire et une fonction mythologique propres, règne sur un domaine privilégié de la vie et exige de l'être humain certaines règles de conduite, des rites et des sacrifices, toute image archétypique porte en elle un certain ordre correspondant à un modèle de comportement spécifique.qui se propose ou s'impose à l'être humain.

Comme les dieux des religions polythéistes luttent parfois entre eux, nous avons vu qu'il arrive que ces modèles de comportement entrent en conflit : il n'en reste pas moins que chaque archétype et chaque modèle de comportement  qui lui correspond possèdent une certaine organisation intrinsèque. Les histoires des dieux, en nous éclairant sur les caractéristiques et les tendances de ces noyaux énergétiques qui nous habitent, peuvent nous aider à en prendre conscience et à vivre avec eux en assez bonne intelligence."

Marie-Louise Von Franz , "L'ombre et le mal dans les contes de fées."

par fox publié dans : Carl Gustav Jung
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Lundi 26 février 2007

( en réf à l'épisode 7 saison 1 de "Millennium" )

ETUDE D'UN ARCHETYPE:

 " Pan et le cauchemar" de James Hillman

 

 

 Pan, un dieu de la nature, dieu d'un monde panique, masturbatoire et violeur.

 

  La nature a un côté violent, effroyable , l'homme aussi. Pour être lui-même, il doit vivre cette composante de lui-même. Cette possibilité existe, pour le viol, par l'intermédiaire du cauchemar.  Le viol est une union forcée de "deux structures de conscience sans rapport entre elles". Le viol "met un terme brutal  à la division entre comportement et fantaisie".

"Pan chasse les nymphes, c'est à dire que le viol vise une forme de conscience vague encore située dans la nature, mais qui n'est pas personnellement incarnée.[...] Pan apporte du corps, un corps de bouc. Il impose la réalité sexuelle de la génération physique à une structure de conscience qui n'a pas de vie physique personnelle, dont la vie est tout entière "extérieure" dans la nature impersonnelle." (Hillman).

Pan= corps / nymphe = conscience ("désincarnée") , l'esprit doit donc être corporifié et le corps spiritualisé.

Je dirais que seul un Pan refoulé est "diabolique" et amène au viol sexuel concret. Hillman nous dit : " Si les nymphes et Pan ne font qu'un, il n'est besoin d'aucun interdit. L'interdit est au coeur même de la compulsion"

 

par fox publié dans : Millennium
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Lundi 19 février 2007

 

Carl Gustav Jung  Jung, "Ma vie" : " Plus tard, lorsque j'eus dix-huit ans, j'eus avec mon père de nombreuses discussions, toujours dans le secret espoir de lui faire sentir quelque chose de la grâce, merveilleusement efficace, et ainsi de lui venir en aide dans ses conflits de conscience. J'étais persuadé que, s'il accomplissait la volonté divine, tout finirait par aller pour le mieux. Malheureusement, nos discussions n'arrivaient jamais à une issue satisfaisante. Elles l'irritaient et l'attristaient. << Eh quoi! avait il l'habitude de dire, tu ne songes qu'à penser. Il ne faut pas penser, il faut croire.>> Et moi je pensais : << Non, il faut faire l'expérience et savoir>>, mais je disais: << Donne-la-moi cette foi.>>. Là-dessus, il s'en allait, résigné, haussant les épaules."

 

 

 

 

 




Radmila Moacanin
, " CG Jung et la sagesse tibétaine" : " Comme l'écrit lama Govinda:.. ce qui rend l'homme bienheureux, ce n'est pas la croyance ( dans le sens de l'acceptation d'un dogme  défini), mais le fait de devenir conscient de la réalité, laquelle, à nos yeux, ne constitue de la métaphysique que jusqu'à ce que nous en ayons fait l'expérience... vu de l'extérieur (en tant que système) , le bouddhisme est une métaphysique; vu de l'intérieur (comme forme de réalité) c'est un empirisme. Dès l'instant où le "métaphysique" se révélait sur la voie de l'expérience intérieure, le Bouddha ne le rejettait pas, il le rejettait seulement s'il s'agissait d'une pensée sur le chemin de la spéculation. La métaphysique est un concept totalement relatif, dont les limites dépendent du plan d'expérience concernée, de la forme et du niveau de conscience concernés. Le Bouddha dépasse la métaphysique et ses problèmes, non pas simplement en les ignorant, mais d'une manière absolument positive, de telle façon que, par la discipline et l'expansion de la conscience, il en recula les frontières, si bien que la métaphysique devint l'empirique.>>

par fox publié dans : Millennium
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Dimanche 11 février 2007

( En réf à l'épisode 5 saison 1 de "Millennium" )

 

 

Etienne Perrot, "Péril nucléaire et transformation de l'homme" :

<< Jung disait que nous ne sommes pas des croyants. Moi, je crois à la valeur de la foi, parce que, pour accepter d'envisager l'aventure, il faut bien faire au départ un acte de foi, mais cette foi se vérifie très vite comme payante, comme opérante. Nous ne sommes pas des croyants, mais des voyants. >>

James Hillman, " Le polythéisme de l'âme" :

<< La foi comme je la conçois est une foi animale; ce qui est là, est là, non parce que j'y crois, et celà ne disparaitra pas si j'arrête d'y croire. Le chien qui renifle le vent ne croit pas au vent : il essaie simplement de se mettre en accord avec lui et d'entendre ce qu'il dit. Ce qui n'est d'ailleurs pas tellement simple...

La psychologie peut très bien se porter sans la catégorie de la foi. Nous continuerons quand même à rêver même "si nous ne croyons pas aux rêves", et nous continuerons également à aimer, à haîr et à nous battre avec nos "daimones" , que nous déclarions croire en eux ou non.

Le thème de la croyance nous enferme de fait dans tant de vieilles impasses - que ce soit le subjectivisme, le statut  de l'évidence, celui des "objets de croyance" , la problématique du fantasme, de l'illusion et de la croyance, le problème du doute et tous ses tourments attachés à la notion de culpabilité !>>.

 

 

par fox publié dans : Millennium
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Jeudi 8 février 2007

 

                     

 

<< L'inconscient, tel que nous le voyons apparaitre, était par définition, ce qui est obscur, ce qui est inconnu. C'est pourquoi, Jung a appelé les éléments les plus importants qui se manifestent d'abord, l'ombre. Et ceci nous rapproche du titre que j'ai choisi : l'ombre, c'est ce dont j'ai peur, c'est ce qui m'angoisse, c'est l'insécurité, c'est l'ennemi. Tant que je ne plonge pas dans moi-même, cet ennemi, je vais le voir au dehors, ce sera le parti adverse, ce sera la nation qui menace la mienne. Et comme ma nation prend des moyens de défense contre elle, cette menace que je sens peser sur moi est renvoyée à celui qui me menaçait, qui se défend à son tour.

L'on assiste ainsi à un phénomène de résonance dont nous avons appris en physique qu'il provoque une amplitude de plus en plus grande, si bien que tout peut finir par un écroulement ou une explosion. Donc, si je me penche sur ce qu'il y a en moi, je me rends compte que l'ennemi extérieur est lointain et hypothétique, et que je dois me réconcilier d'abord avec cette angoisse obscure qui est en moi. Si je me rapproche d'elle, si je dialogue avec elle, je réaliserai en moi, un apaisement, je désamorcerai l'angoisse. Vous vous rendez compte tout de suite que, si je la désamorce en moi, j'ai transformé une part de l'angoisse collective. Cette parcelle de paix qui s'est établie en moi, entre alors dans le capital de la collectivité à laquelle j'appartiens. >>

Extrait de " Péril nucléaire et transformation de l'homme" de Etienne Perrot.

par fox publié dans : Carl Gustav Jung
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Lundi 29 janvier 2007

 

(en réf à l'épisode 5, saison 1 de "Millennium.)"

Un oiseau est mort à côté de la maison des Black. Jordan s'interroge.

Jordan: " Il est mort l'oiseau, papa ?"

Frank: "oui"

Jordan : " Mais où il est maintenant?"

Frank: " Personne ne sait vraiment, chérie. Tout le monde a son idée là-dessus. "

Voyons ce que peut nous dire la psychologie des profondeurs à ce sujet.

Extrait s de "Les rêves et la mort" de Marie-Louise von Franz:

<< Les rêves de personnes confrontées à la mort montrent tous que l'inconscient , c'est à dire notre monde instinctif, ne prépare pas la conscience à une fin totale, mais bien plutôt à une profonde transformation et donc à un mode de continuation du processus vital que notre conscience ordinaire ne nous permet pas de saisir. Les thèmes et les structures des symboles qui apparaissent dans les rêves correspondent aux doctrines des différentes religions sur la vie après la mort, et nous y avons trouvé un très grand nombre d'images mythiques. >>

<< En fait, notre expérience des rêves offre rarement une image lumineuse de l'au-delà, et les scènes que nous voyons en rêve sont souvent angoissantes. Ce qui me semble décisif, c'est donc le degré de maturité d'un être humain avant sa mort: en d'autres termes, le fait que cet être, homme ou femme, ait trouvé ou non une relation avec son Soi.

Nous assistons à un retournement très reconfortant dans le rêve d'une vieille femme relaté par F.M Kelly:

"Elle voit une bougie allumée qui brûle sur le rebord intérieur de sa fenêtre d'hôpital et, subitement , s'aperçoit que cette bougie va s'éteindre. A l'idée de la masse de ténèbres qui s'approche d'elle, elle s'inquiète, s'angoisse. Soudain, la bougie se rallume, mais de l'autre côté de la fenêtre, et la rêveuse s'éveille. "

Cette vieille femme mourut le soir même, dans une grande quiétude. >>

par fox publié dans : Millennium
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Jeudi 25 janvier 2007

 

<< Un criminel international, un cas pathologique, qui avait déjà assassiné plus de dix personnes de sang froid et sans la plus légère réaction de conscience ou d'émotion, tua pour finir un vieillard dans une rue de Zurich et fut arrêté.[...]>>

voici un de ses rêves :

<< Le rêveur se rendait dans un parc d'attractions où il y avait de très grandes balançoires. Il se balançait de plus en plus fort, de plus en plus haut, jusqu'à ce que tout à coup il bascule et tombe dans le vide spatial. Ainsi finissait le rêve. Le sujet n'éprouvait aucune émotion.

Je pensai aussitôt : " Mon Dieu, se balancer ainsi entre les opposés et n'y voir qu'un amusement ! Tomber dans le vide, dans l'espace sidéral , sans peur ni angoisse, sans même se réveiller en criant ! ".

Il me semblait en langage imagé, que Dieu avait en quelque sorte effacé cette âme de son Livre. [...] Le rêve, en effet, ne révélait aucune tentative de la nature pour sauver le sujet. Les rêves sont l'expression de l'inconscient, de la nature; or l'inconscient lui disait , avec une absence aussi totale de sentiment que celle dont il faisait preuve à l'égard de ses victimes, qu'il était perdu. >>

Extrait de " L'ombre et le mal dans les contes de fées " de Marie-Louise von Franz

 

par fox publié dans : Millennium
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Mardi 29 août 2006

( en réf. à l'épisode 4 saison 1 de "Millennium ")

 

 James Hillman, psychanalyste jungien.

 

 

 

 

 

 

 

 

Extrait de "le code caché de votre destin" de James Hillman :

<< Dick Hickock, qui assassinat de sang froid la famille Clutter, déclarait: " Je pensais qu'on pouvait devenir célèbre en tuant quelqu'un. J'avais toujours le mot gloire à l'esprit.[...] quand vous dessoudez quelqu'un, c'est vraiment un grand moment."

La télévision offre au daimon l'occasion de se mettre en lumière, de devenir célèbre. Si le petit écran peut être tenu responsable d'une augmentation de la criminalité, ce n'est pas tant pour ce qu'il montre, mais parce qu'il montre, parce qu'il permet d'accéder à la célébrité.>>

 

 

Qu'est-ce que l'akène ( ou "daimon") ?

<< 'L'histoire de cette notion d'âme-image est longue et compliquée; elle apparaît dans de nombreuses cultures sous les noms les plus variés. Mais les manuels de psychologie et de psychiatrie contemporains n'en font pas mention. Dans notre société, l'étude de la psyché et sa pratique thérapeutique ignorent ce facteur que d'autres cultures considèrent comme le noyau de la personnalité et le dépositaire du destin individuel. Ce qui fait l'essence du psychisme ou de l'âme, le sujet fondamental de la psychologie, a déserté les livres qui lui sont consacrés.>>

Le daimon de Carl Gustav Jung selon Barbara Hannah :

 

Philemon


<<Philémon lui enseigna quelque chose d'essentiel, qui donne la clé de toute sa psychologie, c'est la réalité de la psyché. Il le fit avec beaucoup d'art. Il expliqua que Jung considérait ses propres pensées comme s'il les avait créées lui-même (ce qui est, en effet, le préjugé occidental habituel). Mais Philémon lui dit que, à son avis, les pensées ressemblaient aux animaux d'une forêt, aux gens réunis dans une pièce, et il ajouta : "si tu vois des hommes dans une pièce, tu ne prétendrais pas que tu les as faits ou que tu es responsable d'eux." C'est grâce à Philémon que Jung apprit le caractère objectif et réel de la psyché, son existence absolument indépendante. Nous pouvons l'explorer, mais nous ne pouvons agir sur elle que de manière excessivement limitée, si tant est que nous parvenions jamais à l'influencer. Je crois que c'est un point crucial, car c'est la source principale de l'incompréhension à l'égard de la psychologie jungienne.>>

par fox publié dans : Carl Gustav Jung
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Lundi 24 juillet 2006
Noyé dans la masse : épisode 2 saison 1                       

 

 

Le problème  de la relation de l'individu par rapport au "groupe" est un thème important de Millennium. Nous aurons l'occasion d'y revenir.

Frank Black dressant un portrait du tueur : " l'assassin est angoissé par le fait que sa vie passe inaperçue, qu'il ne laisse rien sur son passage. Son dégoût de sa propre personne, il le retourne contre la société qui l'a déshumanisé, privé de sa personnalité, le noyant dans la masse, une société qui réduit tout à l'état de code barre. Nous sommes des animaux en cage dans un refuge surveillés par les agents de la fourrière."

 

 

Marie-Louise Von Frantz, psychanalyste : " Il demeure que la pression exercée sur l'individu par la surpopulation et l'urbanisation à outrance, les idéologies collectivistes ainsi que l'orientation exclusivement extravertie des écoles de psychologie américaine vont toutes dans le sens d'une survalorisation du pôle social au détriment de celui de l'unicité individuelle qui risque de se retrouver laminée puis proscrite. L'individu isolé qui n'a pas conscience de ce danger, risque de tomber en proie à la réaction compensatrice inconsciente qui le pousse à céder à un égoîsme effréné et à basculer dans les cas extrêmes, dans l'asociabilité et la criminalité.

C'est pourquoi Jung jugeait le moment venu de s'occuper plus soigneusement  et avec une intensité accrue, de la voie conduisant l'individu vers le Soi, étant donné que seule, la personne ancrée dans le Soi est capable d'une éthique véritable. N'étant plus sujet aux tendances dictées par les modes du jour, l'homme individué saura également éviter de suivre sans esprit critique tous les nouveaux "-ismes" politiques."    extrait de "Psychothérapie : l'expérience du praticien"
par fox publié dans : Millennium
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