
<< Les stars et les dieux, tous les modèles externes s'estompent, certes, mais une conscience planétaire apparait, après deux guerres mondiales, la conquête
spatiale, l'explosion des communications, le web, etc...
Et cette conscience globalisante véhicule ce que la religion semblait devoir enseigner ... une morale !!!
"... je voudrais affirmer que notre siècle a été plus moral que beaucoup d'autres. Avoir un sens moral ne signifie pas qu'on évite de faire le mal : cela signifie que l'on sait que tel acte est
mauvais et qu'il vaudrait mieux ne pas le commettre. En ce sens, l'hypocrisie est une constante de la conscience morale car elle consiste à reconnaitre le bien et à l'apprécier même si par
ailleurs on est en train de faire le mal. Eh bien notre siècle a peut-être été hypocrite mais il a également été moral. C'est en ce siècle que s'est développée pour la première fois une
solidarité à l'échelle planétaire. Même quand on ne la pratique pas, on la ressent comme un devoir. C'est ainsi par exemple que les grands rites du remords moderne témoignent de cette
conscience générale. Autrefois, on massacrait et on ne se repentait pas." (Umberto Ecco)
Girard enfonce le clou avec une illustration idéale pour notre propos :
" Après la conquête romaine, Vercingétorix est ramené à Rome pour figurer dans le triomphe de César : on l'a maintenu en vie pendant plusieurs années uniquement à
cette fin. Au bout du défilé, on l'étrangle, on ne le conduit pas au Sénat en grande pompe pour y négocier un programme d'aide à la Gaule sous développée. Jamais dans l'Histoire, on a parlé comme
nous parlons et jamais même on n'a agi comme nous agissons... Je vous accorde que les pays riches sont loin d'en faire assez, mais c'est quand même étonnant de constater que, trois mois à peine
après la fin de la guerre froide, chez les Occidentaux, il n'était plus question que d'aide à la Russie. Il y a là une grande première dans l'histoire humaine." >>
Extrait de "Ils sont fous ces humains ! Les intuitions de René Girard chez Goscinny et Uderzo" , Bernard Lassablière.
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