<< Habituellement, le patient se rend chez l'analyste parce qu'il se trouve dans une impasse ou un cul-de-sac, d'où il ne semble pas y avoir de sortie, et
il suppose que le médecin en connait une. Si le médecin est honnête, il reconnaitra que lui non plus n'en connait pas. Mais il arrive que les médecins ne le soient pas. Si nous remontons
seulement cent cinquante ans en arrière, les médecins étaient ces charlatans qui se rendaient sur les champs de foire, y arrachaient les dents et réalisaient des guérisons miraculeuses, etc., et
cette attitude jusqu'à un certain point, a encore cours de nos jours dans la profession médicale - partout il y a des êtres humains mauvais.
En analyse, nous devons prendre garde à ne pas prétendre que nous connaissons tout du patient ou que nous connaissons le moyen de le sortir de ses difficultés. Si le médecin lui dit ce qu'il
pense être la difficulté, le patient suivra la suggestion du médecin et ne fera pas l'expérience de ce à quoi il doit se confronter. Les suggestions peuvent fonctionner un certain temps, mais
après avoir quitté son médecin le patient retombera assez rapidement, parce qu'il n'a aucun contact avec lui-même et ne vit pas sa vie propre, mais celle que lui impose son médecin.
C'est le moment où il doit retourner chez ce dernier pour recevoir de nouvelles suggestions et, passé un certain temps, tous deux se lassent de ce procédé. C'est pourquoi, il est important que le
médecin admette qu'il ne sait pas. A partir de là, tous deux sont prêts à accepter les faits impartiaux de la nature comme réalités scientifiques,
car les opinions personnelles sont plus ou moins des jugements arbitraires et peuvent être entièrement fausses. Nous ne sommes jamais certains d'avoir raison. C'est
pourquoi nous devons chercher les faits que nous fournissent les rêves.
Les rêves sont des faits objectifs. Ils ne répondent pas à nos attentes, et nous ne les avons pas inventés.>>
Extrait de "L'analyse des rêves" de CG Jung.
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