Partager l'article ! Carl Gustav Jung et son passage de l'AVOIR à l'ETRE: C'est une synchronicité du 4 Avril 2009 dont m'a informé blogruz entre un de se ...
C'est une synchronicité du 4 Avril 2009 dont m'a informé blogruz entre un de ses articles et un des miens qui est à l'origine de celui-ci.
Je vais faire référence à l'épisode situé dans le chapitre "Visions" de l'autobiographie de Carl Gustav Jung, "Ma vie". Les extraits tirés de son livre
seront écrits en vert. Ceux, tirés du livre d'Annick de Souzenelle, "Le symbolisme du corps humain", seront en rouge.
I- "Toute maladie est signifiante"
" Au début de l'année 1944, je me fracturai le pied et peu après j'eus un infarctus cardiaque. En état d'inconscience, j'eu des délires et des
visions[...] "
" Lorsque l'Homme écoule à l'extérieur de lui, dans des motivations vaniteuses ressortissant au plan d'un avoir non juste, les précieuses énergies contenues dans le
pied, ce dernier témoigne des enflures de l'âme. Le langage populaire ironise sur << chevilles enflées >>. Et nombre d'incidents au niveau de ce membre : fracture, entorse, etc.,
ne sont autres que la somatisation signifiante d'une erreur profonde. Toute maladie est signifiante. Celle du pied dénonce un faux départ
dans le chemin de la croissance. "
Etienne Perrot, " Le jardin de la reine" : " Dans des confidences livrées à la fin de sa vie, Jung attribuait sa grave maladie de 1944, qui le conduisit
aux portes de la mort et même au-delà, à une inflation psychique causée par une attitude incorrecte. En traitant du monde de l'âme, il n'avait vu, dit-il, que de simples concepts là où, en
réalité, il avait affaire à des dieux, c'est-à-dire à des puissances vivantes chargées d'une énergie supérieure. "
Jung cite une première vision : il "quitte" la terre, plane dans l'espace, fait face à un temple et voit l'image de son médecin. Comme l'intuitionnait Jung, il
fût son dernier malade : " Le 4 Avril 1944, - je sais encore exactement la date - je fus autorisé,
pour la première fois, à m'asseoir sur le bord du lit et ce même jour, il se coucha pour ne plus se relever ".
II- L'Arbre des sephiroth
" Contemplant l'Arbre des sephiroth, un jour, j'y ai vu le corps de l'Homme
"
Intéréssons nous donc à l'archétype du 4 via le quadrilatère de l'Arbre des séphiroth , Jung faisant référence à Tipheret, dans ses visions. ( Jung a eu un
infarctus cardiaque, la triade Hesed-Tin-Tipheret correspond au complexe cardio-vasculaire. )
" Les dix séphiroth de l'Arbre [...] expriment dix énergies divines, dix aspects divins, dix Archétypes [...] "
" Au premier étage, l'Homme existe. Au deuxième, il est. Par sa forme même ( quadrilatère ), ce deuxième étage se définit comme un temps d'arrêt, un
temps d'épreuve. le nombre quatre est symbole de stabilisation : quatre pieds donnent son équilibre à tout solide, quatre murs sa charpente à toute maison. Au-delà de ces exemples concrets, le
quatre introduit l'idée de lieu clos, secret, couvert, dans lequel celui qui séjourne vit une épreuve. "
C'est dans son lit, dans sa chambre d'Hopital, que Jung fait face à l'épreuve.
Il a eu une merveilleuse vision cosmique mais le "retour sur terre" fût pénible : " Entre la terre et le ciel, l'Homme est tendu comme entre les deux pôles d'un
aimant. S'il vient à lâcher l'un de ces pôles, le courant ne passe plus.[...]"
C'est ce qui arrive à Jung : " En réalité, il se passa encore trois bonnes semaines avant que je pusse me décider à revivre, je ne pouvais pas me
nourrir, j'éprouvais du dégoût pour tous les mets [...] La vie et le monde entier m'apparaissaient comme une prison [...] "
" Malheureusement, deux tendances opposées infléchissent l'homme moyen vers des attitudes non justes. Celui qui se range dans la première catégorie, celle des
résignés, des morts-vivants, ne voit en le 4 que son aspect d'arrêt.Cet arrêt devient pour lui la prison, la mort. La matière se fait alors réellement tombeau, ensevelissant avec
l'infortuné tout son potentiel de créativité, de lumière, de joie. "
Mais Jung a d'abord été piégé par l'aspect "passage" du 4. Dans sa vision, l'entrée dans le temple indien lui permettrait de répondre à nombre de ses questions. " [...]
Il n'envisage que le mouvement qui va le "porter au-delà" et lui ouvrir des horizons libérateurs. Je pense ici à une tendance répandue parmi les adeptes d'un
hindouisme mal intégré : ne considérer ce monde formel, visible et concret - qui est bien sûr l'épreuve essentiel - que sous son aspect de maya ( illusion ). " L'image de son
médecin qu'il voit dans sa vision va le sauver de ce piège. Il l'invite à retourner sur Terre.
" Après cette maladie commença pour moi une période fertile de travail. Bon nombre de mes oeuvres principales ne furent écrites qu'après "
III- Jung passe la "Porte des Hommes"
" Quitter
le premier étage de l'Existence pour entrer dans l'Etre, passer la Porte étroite que les Traditions nomment "Porte des Hommes", c'est quitter l'ignorance pour vivre. Qui peut passer cette porte ?
"
Ce passage s'exprime dans la grande vision de Jung :
" Quand je m'approchais des marches par lesquelles on accédait au rocher, je ressentis une très étrange impression : tout ce qui avait été jusqu'alors s'éloignait de
moi. Tout ce que je croyais, désirais ou pensais, toute la fantasmagorie de l'existence terrestre se détachait de moi ou m'était arrachée- processus douloureux à l'extrême. Cependant, quelque
chose en subsistait, car il me semblait avoir alors, près de moi, tout ce que j'avais vécu ou fait, tout ce qui s'était déroulé autour de moi. Je pourrais tout aussi bien dire : c'était près de
moi et j'étais cela; tout cela, en quelque sorte me composait. J'étais fait de mon histoire et j'avais la certitude que c'était bien moi. "Je suis ce faisceau de ce qui a été accompli et de ce
qui a été". Cet évènement me donna l'impression d'une extrême pauvreté mais en même temps d'une extrême satisfaction. Je n'avais plus rien à vouloir, ni à désirer; j'étais pourrait-on dire
objectif, j'étais ce que j'avais vécu [...] J'avais tout ce que j'étais et je n'avais que cela. "